Je n’étais pas encore allé voir « notre » nouveau musée régional, le « Louvre-lens »… C’est chose faite aujourd’hui.

Comme souvent, j’ai pris le temps de découvrir le site. Un ancien « carreau de mines », le n°9 des mines de Lens : surélevé car installé sur un terril plat, le site domine les anciens corons, réhabilités en agréables lotissements. A partir de la ville et de la gare, on peut y accéder à pied en suivant l’ancien « cavalier minier », une voie de chemin de fer privée, transformée en cheminement piéton. Du site, on peut apercevoir par endroit les immenses terrils du 11-19 de Loos en Gohelle, les plus hauts d’Europe. Bref, à qui veut bien voir et lire les panneaux explicatifs, on peut encore « sentir » le pays minier sur le site.

Sur plusieurs hectares, un jardin paysager a été installé autour des bâtiments (Catherine Mosbach, paysagiste). Encore « jeune », il faudra bien entendu attendre quelques années pour le voir dans sa maturité et son intention finale : cheminements droits et courbes en béton, pelouse fleurie, arbustes et plantations simples et graphiques.

Les bâtiments eux-même sont assez réussis à mon avis : formes simples et basses, parois de métal ou de verre réfléchissant les jardins et le ciel à l’extérieur. A l’intérieur, béton ciré, lumière zénithale bien étudiée (peu de reflets, même sur les oeuvres sous verre) ; et dans les parties publiques, larges baies vitrées sur les jardins et l’environnement. (Architectes : l’agence japonaise SANAA Kazuyo Sejima, Ryūe Nishizawa avec le bureau d’architectes-muséographes Imrey Culbert basé à New York et à Paris, spécialisé en conception de musées et galeries).

La caractéristique du musée est de présenter des collections du Louvre parisien dans la « Galerie du temps » : toutes les oeuvres sont présentées dans une immense salle rectangulaire, selon un plan efficacement chronologique, de l’antiquité au 19ème siècle. Le « pavillon de verre » accueille des petites expositions temporaires, en ce moment un aperçu des dernières acquisitions des musées régionaux. Une deuxième galerie offre son espace aux grandes expositions temporaires, en ce moment « Désastres de la guerre 1800-2014 », qui retrace, avec des oeuvres saisissantes, connues ou moins connues, les horreurs de la guerre, depuis les guerres napoléoniennes jusqu’aux récents conflits. Très belle exposition, impressionnante: silence respectueux et ému des visiteurs, pourtant nombreux.

Partenaire du Louvre, ce musée a son indépendance. Il a été créé et est géré par des acteurs culturels institutionnels locaux. Il offre une large palette de possibilités : centre de documentation, ateliers pédagogiques, spectacles, conférences… Bref, un beau projet, critiqué par certains (il y a toujours des pisse-vinaigre laissons-les à leur aigreur) mais adopté par le public : le millionième visiteur a franchi les portes en janvier 2013, soit un peu plus d’un an après l’ouverture au public. A noter : l’accès à la Galerie du temps est gratuite jusque fin 2014.

Pour en savoir plus :

Comme il est permis de photographier, je ne m’en suis pas privé. Bien entendu, tout n’y est pas, c’est impossible, il s’agit d’un choix à la fois subjectif (ce qui a attiré mon regard) et technique (tout n’est pas « photographiable »). Vous trouverez l’ensemble de mon reportage photo sur Flickr.