« Personne ne peut savoir si le monde est fantastique ou réel, et non plus s’il existe une différence entre rêver et vivre » (Jorge Luis Borges)

Le fantastique nous conforte dans notre incertitude, bouleverse nos repères. A travers un parcours relevant de l’expédition, du voyage, le Tri Postal explore les sources de Phantasia, ce terme grec dont la d2finition oscille entre apparition, imagination, et phantasme et qui d2finit l’univers de onze artistes singuliers [extrait de la présentation de l’exposition « Phantasia » au Tripostal à Lille – 6 oct. 2012 – 13 janvier 2013]

Depuis quelques temps, Lille vit à nouveau un temps culturel fort, Lille 3000 (événement culturel trisannuel, né suite à Lille 2004, capitale européenne de la culture) ; on vit actuellement la 3ème édition, FANTASTIC, après une édition consacrée à l’Inde (« Bombaysers de Lille » – 2006) et une autre aux pays d’Europe de l’Est (« Europe XXL » – 2009). Des créatures étranges, des installations de plein air, des expositions à travers toute la ville.

Ce matin, je suis passé par les deux gares avant de me rendre au Tri Postal, un des hauts lieux de la culture contemporaine depuis Lille 2004, installé dans les anciens locaux du tri postal, tout près de la gare de Lille Flandres. D’abord une atmosphère étrange, inquiétante, oppressante avec Théo Mercier, ses têtes de mort, ses squelettes et ses fantômes (« Desesperanza »), Marnie Weber et sa chambre rose mais obscure, peuplée de personnages fantasmagoriques à la Jérôme Bosch (« The whispering chamber » : la chambre des murmures). Bien content en changeant de salle d’être charmé par l’univers coloré et chaleureux de Nick Cave (« The triple ondulation »), ses personnages de boutons, de fils, de jouets, ses tableaux brodés ou collages de multiples petites figurines, son installation en rideaux de perles colorés…

Ensuite, direction la Gare Saint Sauveur (autre lieu culturel apparu en 2004, installé dans un hangar de l’ancienne gare de marchandises de Lille). Pas vraiment une exposition, mais des « attractions » inspirées par la fête foraine, qui font la joie des petits et aussi des grands… Jeux de miroirs (« Mirrors installation » de Robert Morris) intrigants et ludiques, labyrinthes de carton (Michelangelo Pistoletto) ou de plastique (Numen / For use), ville de Lego…

Comme d’habitude, j’ai visité deux fois : une première fois avec les deux yeux bien ouverts, pour découvrir les oeuvres… une autre fois un oeil fermé, l’autre au viseur de mon Nikon… Un régal de photographe : les oeuvres en elles-mêmes, mais aussi les visiteurs des expositions, figurants involontaires de mes clichés, qui leur donnent vie (merci à eux, même s’ils n’en savent rien !)

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